Thaïlande : vers la fin des « visa runs » ? Les autorités durcissent le ton

 

 

 


Visa runs en Thaïlande : la tolérance touche à sa fin

La Thaïlande semble bien décidée à en finir avec la tolérance qui entourait jusqu'ici certains séjours prolongés et non réglementés. Face aux dérives liées aux "visa runs", cette pratique qui consiste à quitter brièvement le pays avant d'y revenir pour renouveler son droit au séjour, les autorités ont sérieusement musclé leurs contrôles. Depuis le début de l'année 2026, près de 30 000 étrangers auraient été refoulés à la frontière, et plus de 14 000 personnes en situation irrégulière auraient été arrêtées sur le territoire.

Dans le viseur des autorités : le travail illégal, les réseaux internationaux de fraude, et les "touristes perpétuels", ces étrangers qui vivent en pratique en Thaïlande toute l'année sans le statut adapté ni contribution au système fiscal du pays.

Des contrôles qui commencent avant même la frontière

Le filtrage démarre désormais bien en amont de l'arrivée. Grâce au système automatisé de traitement des données passagers (APPS), les autorités peuvent repérer avant même l'atterrissage les voyageurs inscrits sur une liste noire qui compterait plus de 169 000 noms. Une fois à la frontière, les agents épluchent aussi l'historique des passeports et les séjours précédents en Thaïlande.

Les entrées terrestres sans visa sont désormais limitées à deux par année civile. Les allers-retours aériens répétés, eux, peuvent être détectés automatiquement par les systèmes informatiques. Autre changement concret : il faut pouvoir justifier le caractère réellement touristique de son séjour. On peut vous demander un billet retour confirmé, des réservations d'hébergement couvrant tout le séjour, ou encore la preuve de ressources financières suffisantes.

Que se passe-t-il en cas de refus d'entrée ?

La décision s'applique immédiatement et ne peut généralement pas être contestée sur place. Le voyageur est renvoyé vers son pays de départ, et l'incident risque d'être inscrit dans son dossier d'immigration, ce qui peut compliquer de futurs séjours en Thaïlande.

Le pays reste ouvert aux "vrais" touristes

Les autorités thaïlandaises le répètent : le pays reste accessible aux véritables touristes. La donne change en revanche pour ceux qui veulent s'y installer durablement, digital nomades, retraités ou investisseurs. Pour eux, le message est clair : il faut désormais choisir un statut migratoire adapté et parfaitement légal, comme le visa DTV, le visa retraite, ou le très coûteux programme Thailand Elite.