![]() |
| Un gecko adulte dans une maison en Thaïlande |
Un petit cri aigu qui résonne au plafond en pleine soirée, une silhouette immobile collée au mur près d'une lampe allumée : pour quiconque emménage en Thaïlande, la rencontre avec un gecko domestique reste presque un rite de passage obligé, généralement accueilli avec un mélange de surprise et d'inquiétude par les nouveaux arrivants peu habitués à partager leur logement avec ce type de colocataire.
Le gecko le plus couramment observé dans les habitations thaïlandaises, souvent appelé "tokay" en référence au cri distinctif qu'émettent certaines espèces plus grosses, ou plus simplement "jing jok" dans le langage courant local pour les petites variétés omniprésentes, fait en réalité partie intégrante du paysage domestique du pays depuis des générations. Loin d'être perçu comme une nuisance par la population locale, sa présence est même généralement bienvenue, considérée comme un signe positif plutôt qu'une source d'inquiétude.
Un allié plus qu'une menace
La raison de cette tolérance, voire de cette bienveillance, tient à un rôle écologique particulièrement apprécié : le gecko se nourrit principalement de moustiques, de mites et d'autres petits insectes attirés par les lumières nocturnes, contribuant ainsi naturellement à limiter leur prolifération à l'intérieur du logement. Dans un pays où les moustiques représentent un enjeu sanitaire réel, notamment en raison des risques de dengue déjà évoqués par ailleurs, cette fonction de régulation naturelle explique en grande partie pourquoi de nombreux Thaïlandais laissent volontiers ces reptiles cohabiter avec eux, sans chercher à les faire fuir.
Ces geckos restent par ailleurs totalement inoffensifs pour l'être humain. Ils ne mordent pas, ne transmettent aucune maladie connue par simple contact, et fuient systématiquement toute approche humaine directe plutôt que de chercher la confrontation. Leur présence se limite généralement à une activité nocturne discrète, collés aux murs ou aux plafonds à proximité des sources lumineuses qui attirent leurs proies, avant de disparaître dans une fissure ou un recoin dès les premières lueurs du jour.
Cohabiter sereinement
Pour les visiteurs les plus réticents à partager leur espace avec ces reptiles, quelques ajustements simples suffisent généralement à limiter leur présence sans recourir à des méthodes agressives. Réduire l'éclairage extérieur nocturne, qui attire les insectes et donc indirectement les geckos venus s'en nourrir, ou installer des moustiquaires bien ajustées aux fenêtres, réduit naturellement les occasions de croiser ces visiteurs occasionnels sans pour autant les éliminer complètement de l'environnement immédiat du logement.
La plupart des résidents étrangers installés durablement en Thaïlande finissent d'ailleurs par développer une forme d'indifférence, voire d'appréciation, envers ces petits reptiles, une fois passée la surprise des premières semaines. Le bruit qu'ils émettent occasionnellement, parfois surprenant pour une créature de cette taille, devient rapidement un son familier du quotidien plutôt qu'une source d'inquiétude, au même titre que le chant des cigales en soirée ou le bourdonnement lointain de la circulation urbaine.
