Les codes de politesse à connaître en Thaïlande
Il suffit parfois d'un geste maladroit ou d'une remarque anodine pour créer un malaise en Thaïlande, sans même s'en rendre compte. La politesse thaïlandaise repose sur des codes assez différents de ceux qu'on connaît en Occident, et mieux vaut les connaître avant de partir plutôt que de les apprendre sur le tas, parfois au prix d'un regard gêné du serveur ou d'un sourire un peu crispé de votre interlocuteur. Voici l'essentiel à retenir.
Le wai, bien plus qu'un simple salut
Le wai, ce geste où l'on joint les mains devant soi en inclinant légèrement la tête, est sans doute le symbole le plus connu de la politesse thaïlandaise. Mais il obéit à des règles précises qu'on ne devine pas forcément au premier regard : la hauteur des mains, par exemple, varie selon le statut de la personne qu'on salue. Plus les mains sont hautes (jusqu'au niveau du front pour un moine ou une personne très âgée), plus le respect témoigné est important.
En tant qu'étranger, personne ne vous en voudra de ne pas maîtriser toutes ces subtilités. Ce qui compte, c'est l'intention : répondre à un wai par un wai reste toujours apprécié, même approximatif. En revanche, initier un wai envers un enfant ou un serveur n'est généralement pas nécessaire, un simple sourire ou un signe de tête suffit dans ces situations.
La tête et les pieds, deux extrémités à ne jamais confondre
Voici une règle qui surprend souvent les nouveaux arrivants : en Thaïlande, la tête est considérée comme la partie la plus sacrée du corps, tandis que les pieds sont perçus comme la plus impure. Toucher la tête de quelqu'un, même un enfant en signe d'affection, est généralement mal perçu et peut être ressenti comme un manque de respect.
À l'inverse, pointer du pied vers une personne, un objet religieux, ou même simplement s'asseoir avec les pieds tendus vers un Bouddha, est considéré comme profondément irrespectueux. Dans les temples, on veillera toujours à replier ses jambes sur le côté plutôt que de les tendre devant soi, une posture qui demande un peu d'habitude mais qui devient vite naturelle.
Garder son calme, coûte que coûte
S'il y a bien une chose qui distingue la culture thaïlandaise de beaucoup d'autres, c'est cette valeur centrale accordée au contrôle de ses émotions en public. S'énerver ouvertement, hausser le ton, ou manifester sa frustration de façon visible, même face à un problème légitime, est perçu comme une perte de face aussi bien pour la personne en colère que pour celle qui la subit.
Cette notion de "perte de face" (qu'on retrouve d'ailleurs dans plusieurs cultures asiatiques) explique pourquoi les Thaïlandais privilégient presque toujours une approche indirecte et souriante, même dans des situations tendues. Un voyageur habitué à négocier fermement ou à hausser le ton pour se faire entendre risque fort de braquer son interlocuteur plutôt que d'obtenir gain de cause. Mieux vaut, dans ces moments, respirer un grand coup et garder le sourire, aussi frustrant que cela puisse paraître sur le moment.
Le respect de la monarchie, un sujet à traiter avec sérieux
La famille royale occupe une place tout à fait particulière dans la société thaïlandaise, et la loi de lèse-majesté, qui protège pénalement l'image du roi et de sa famille, reste appliquée avec rigueur. Il est donc fortement recommandé d'éviter toute critique, même légère ou humoristique, envers la monarchie, que ce soit en public, en ligne, ou même en privé avec des Thaïlandais. Ce n'est clairement pas un sujet où l'on peut se permettre l'ironie à laquelle on est parfois habitué ailleurs.
De la même manière, les billets de banque et les pièces de monnaie, qui portent l'effigie royale, doivent être manipulés avec un minimum d'égard : les piétiner accidentellement ou les jeter négligemment peut être mal interprété.
À table, quelques usages à connaître
Le repas thaïlandais se partage généralement, les plats étant posés au centre de la table pour que chacun se serve selon ses envies. Il est d'usage de ne pas se servir une portion trop importante d'un coup, laissant ainsi la possibilité aux autres convives de goûter à tout. La cuillère, plutôt que la fourchette, reste l'ustensile principal pour porter la nourriture à la bouche, la fourchette servant surtout à pousser les aliments vers la cuillère.
La tenue vestimentaire, particulièrement dans les lieux religieux
Si les tenues légères passent généralement inaperçues dans les zones touristiques balnéaires, la règle change radicalement dès qu'il s'agit de visiter un temple : épaules et genoux couverts sont exigés presque partout, et l'accès peut tout simplement être refusé en cas de tenue jugée inappropriée. Prévoir un vêtement léger à enfiler par-dessus reste le réflexe le plus simple pour éviter toute mauvaise surprise en cours de visite.
Ces codes peuvent sembler nombreux au premier abord, mais ils se retiennent assez vite une fois sur place, tant les Thaïlandais eux-mêmes se montrent généralement indulgents envers les maladresses des visiteurs. L'essentiel reste de faire preuve d'attention et de respect, ce qui, dans la plupart des cas, suffit largement à éviter les impairs les plus courants.
